
LE NOUVEAU BETH HAMIDRASH
RAV AVRAHAM ABITBOL
l'entrevue intégrale LVS Avril 2026
Arrivé en l’an 2000 après un parcours d’études marqué au départ par Strasbourg, berceau de la formation de l’étude talmudique en France, dans la yeshiva de son père, le rav Eliyahou Abitbol, le rav Avraham Abitbol a fait ses études dans les yeshivot de Hevron et de Brisk, deux lieux fondateurs de l’apprentissage de la nuance talmudique. Il arrive à Montréal à l’âge de 30 ans et s’impose comme une figure marquante de la transmission de l’étude à Montréal. Dès son arrivée au Québec, il prend contact avec quelques membres motivés de la communauté sépharade et leur fait part de son souhait de créer un beth midrash, un lieu profondément ancré dans l’étude du Talmud et de ses exégèses. Sa pédagogie d’enseignement, son authenticité et son enthousiasme contagieux ont fait du Beth Hamidrash un véritable foyer de questionnement et de croissance.
Aujourd’hui, avec le projet Renouveau, c’est une nouvelle étape de cette aventure collective qui s’ouvre pour un lieu qui grandit avec des gens qui s’épanouissent.
LVS: Présentez-nous votre BH et ses particularités.
Rav A. Abitbol : C’est un lieu ouvert, mais très exigeant. Un lieu qui vibre à la cadence la plus proche du pouls de la vie, la cadence de l’étude de la Torah. Le BH ne s’identifie à aucun courant, n’est porteur d’aucune bannière. Il est francophone par son essence et par les gens qui le côtoient, c’est la seule chose qu’on peut dire sur son genre. C’est un lieu de débat, un lieu de questionnement, un “אחד שואל”, un lieu avec peu de certitudes mais beaucoup de convictions. La soif d’étude des bahourim d’interroger leurs textes sans complaisance ni connivence en est le moteur. Un lieu d’études et, secondairement, un lieu de prière. Les gens s’y épanouissent ensemble et je me sens très privilégié d’avoir autour de moi des personnes de tous horizons confondus, tous âges confondus. Des ingénieurs, des médecins, des hommes d’affaires, des artisans, ce qui oblige chaque jour à se renouveler. Il est fondamental au BH de traiter des sujets brûlants du jour et d’être capable d’aller chercher des sources dans la Guemara pour apprendre à les aborder.
LVS: Pourquoi lancer aujourd’hui le projet Renouveau ?
Rav A. Abitbol : Depuis 25 ans et les années passant, cet endroit se retrouve être d’une particularité rare. Un noyau solide s’y est créé. Au début, on y a vu grandir ses enfants qui se sont mariés et qui se sont fondus dans ce même noyau. C’est un lieu où cohabitent des enfants qui prient dans le même lieu que leurs parents. La tension de l’étude ne permet pas toujours d’en faire de même. Cependant, comme nous promet la Torah (לשנוא אחיך בלבבך), si l’on fait l’effort de dépasser sa « haine » (langage des hahamim) qui se dégage au début de la confrontation, l’amour suivra, et voici que maintenant on arrive à la troisième génération. Il est urgent pour nous que nous puissions disposer de plus d’espace, de salles d’étude, que nous soyons dans un endroit sécuritaire pour accueillir ce bonheur de pouvoir étudier avec ses enfants et petits-enfants. Le BH a formé ses propres enseignants ; c’est là une grande partie de sa fierté. Plus d’une soixantaine de familles le côtoient et en ont fait leur deuxième demeure. Si on veut continuer cette joie de l’étude, nous sommes dans l’obligation de lancer le projet Renouveau.
LVS: Quel message souhaitez-vous transmettre aux membres de notre communauté ?
Rav A. Abitbol : J’aimerais tout d’abord remercier tous les amis du Beth Hamidrash qui depuis 25 ans nous ont permis de fonctionner grâce à leur aide financière. Il faut savoir que les personnes qui profitent du BH comprennent suffisamment combien cet endroit leur apporte pour saisir qu’ils se doivent de le soutenir eux-mêmes dans son fonctionnement quotidien. Nous n’avons jamais fait appel au grand public pour subvenir aux besoins financiers du fonctionnement du Beth Hamidrash. Évidemment, les grands mécènes de notre communauté, les Moïse, William, Ralph, Sylvain, Sam, Haim, Laurent, Marc, Dov, Stéphane, et bien d’autres, sans lesquels notre communauté ne pourrait se développer, nous ont aussi toujours soutenus. Mais aujourd’hui, et j’espère profondément que la prochaine fois sera dans 25 ans, nous sommes obligés de faire appel au grand public pour continuer ce projet auquel nous nous sommes tellement attachés. En descendant en Égypte, Yaacov envoie son fils Yehouda (ללמד לפניו) pour lui préparer un lieu d’étude, et cela, selon Rachi qui rapporte au nom des hahamim, afin de préparer ces lieux d’étude qui nous permettront de sortir d’Égypte deux cents ans plus tard accompagnés par Moché et Aharon.
En cette veille de Pessah, fête du printemps et du renouveau, nous sortions de l’étroitesse de Mitsrayim vers la liberté de celui qui s’adonne à l’étude de la Torah (Avot 6:7).
Hag sameah
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